Mes reflexions personnelles

UN MONDE OÙ ON SE POSE DES QUESTIONS
Et si la liberté commençait là ?
Non pas dans les réponses toutes faites, mais dans le courage de se poser des questions.
Nous vivons dans un monde saturé de certitudes rapides, d’opinions prêtes à consommer, d’images, de discours, d’algorithmes. Avec les réseaux, avec l’IA, il devient parfois difficile de savoir ce qui est vrai, ce qui est faux, ce qui est pensé… ou simplement répété.
Dans ce contexte, le questionnement n’est pas un luxe : c’est une NÉCESSITÉ.
La thérapie, la philosophie, la psycho ne sont plus — et n’ont jamais été seulement — des outils pour “soigner les fous”. Elles sont des chemins pour se rencontrer, se comprendre, se regarder honnêtement, et trouver sa juste place dans le monde.
Pourtant, aujourd’hui, se questionner sur soi devient secondaire. Le monde est dur, l’argent manque, le temps presse. Alors on avance sans se regarder.
Je défends autre chose.
Un espace où l’on ralentit.
Un espace où l’on doute intelligemment.
Un espace où l’on apprend à ne pas tout gober.
Car la seule vraie sécurité, aujourd’hui, c’est un questionnement personnel, vivant, incarné.
C’est là que naît la liberté.
Et c’est à cela que je sers : accompagner celles et ceux qui veulent retrouver leur propre vérité, non pas comme une réponse figée, mais comme une FORCE intérieure.
Yael Napolitano
LIBERTÉ, REPÈRES ET RESPONSABILITÉS
Depuis plusieurs décennies, nos sociétés ont gagné beaucoup de libertés. Liberté de parole, émancipation des femmes, reconnaissance des droits de l’enfant, remise en question de l’autorité… Ces évolutions ont été nécessaires et ont profondément changé nos manières de vivre.
Et pourtant, j’observe un paradoxe : plus la liberté s’est élargie, plus le besoin de cadres clairs et rassurants semble présent. Comme si la liberté, lorsqu’elle n’est pas accompagnée, pouvait devenir source d’inquiétude.
Nous vivons dans un monde où beaucoup de repères se sont fragilisés. Chacun est invité à choisir, à se définir, à décider par lui-même. Cette liberté permanente peut fatiguer. Elle peut créer du flou, de l’insécurité, parfois une perte de sens. On parle beaucoup, on va vite, mais on prend peu de temps pour comprendre ce que l’on vit.
À cela s’ajoute un monde qui s’accélère encore : technologies, intelligence artificielle, écrans, automatisation. Tout va plus vite, parfois de façon impersonnelle. Pour beaucoup, cela peut être impressionnant, voire déstabilisant. Là aussi, le besoin de repères se fait sentir.
Dans ce contexte, je crois que le désir d’ordre n’est pas seulement politique : il est profondément humain. Quand les limites deviennent floues et que tout change trop vite, le besoin de cadre ne disparaît pas. Il cherche un point d’appui. Et parfois, il se tourne vers des formes d’autorité censées rassurer.
Dans ma pratique de thérapeute, je vois combien la liberté ne se résume pas à « faire ce que l’on veut ». Elle demande de pouvoir se réguler, poser des limites, accepter l’incertitude, faire avec la complexité. Sans ces appuis intérieurs, la liberté peut devenir angoissante et donner envie que quelqu’un d’autre décide à notre place.
Je constate aussi que notre rapport aux règles, à l’autorité et aux limites ne vient jamais de nulle part. Il se construit à partir de notre histoire personnelle, de ce qui s’est transmis dans nos familles, parfois sans mots, mais aussi de l’histoire collective et du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Tout cela influence profondément notre manière d’habiter la liberté.
C’est à cet endroit que se situe mon travail : là où se croisent l’histoire intime, les héritages familiaux et le contexte social. Mettre du sens là où tout s’accélère. Relier ce qui semble dispersé. Aider à comprendre ce qui se rejoue, souvent à notre insu.
Parce que la liberté ne vient pas seulement de l’extérieur. Elle ne dépend pas uniquement des lois, des règles ou du système. Elle se construit aussi à partir de nos choix, de notre positionnement, de notre façon de répondre à ce qui nous arrive.
Peut-être que la vraie question n’est pas seulement dans quel monde nous vivons, mais quel monde nous choisissons de faire exister, à travers nos choix, nos responsabilités et notre manière d’être en lien.
Yael Napolitano


LÂCHONS-NOUS LA GRAPPE. VRAIMENT.
Lâchons la perfection.
Lâchons l’enfant sage comme une image.
Lâchons l’ado poli, calme, raisonnable, reconnaissant.
Lâchons le parent patient, aligné, toujours bienveillant, jamais fatigué.
Lâchons-nous la grappe.
Un enfant qui fait des caprices n’est pas un problème à réparer.
C’est un être humain en construction, débordé par des émotions trop grandes pour son petit corps.
Il ne manipule pas.
Il exprime. Comme il peut.
Oui, c’est fatigant.
Oui, c’est éprouvant.
Oui, on rêverait parfois qu’il obéisse du premier coup, sans crier, sans répéter, sans négocier.
Mais la vie n’est pas un mode d’emploi.
Nous ne sommes plus dans un monde où l’enfant se tait.
Et tant mieux.
Aujourd’hui, l’enfant parle, l’ado conteste, l’humain ressent.
C’est bruyant, c’est chaotique, c’est inconfortable…
C’est vivant.
Lâchons la grappe aux ados.
Ils vivent dans un monde rapide, anxiogène, saturé d’images et d’injonctions.
Ils cherchent leur place, leur voix, leur identité.
Ils testent, ils provoquent, ils débordent.
Ce n’est pas un échec éducatif.
C’est une traversée.
Et lâchons-nous la grappe, nous, les parents.
Oui, parfois on parle mal.
Oui, parfois on n’en peut plus.
Oui, parfois on regrette, on doute, on voudrait fuir.
Non, ça ne fait pas de nous de mauvais parents.
Ça fait de nous des humains.
Le monde exige la perfection.
La famille, elle, demande de la présence.
De l’ajustement.
Du lien imparfait mais sincère.
Dès lors qu’il y a de la parole.
Dès lors qu’il y a du respect, même maladroit.
Dès lors qu’il n’y a pas de violence.
Alors oui, le chaos fait partie du chemin.
Cherchons qui nous sommes.
Cherchons ce qui est important pour nous.
Mais cessons de nous juger à chaque faux pas.
Lâchons-nous la grappe.
Parce que la vie de famille n’est pas parfaite.
Elle est vraie.
Yael Napolitano
LA MEMOIRE QUI RESPIRE
Le trauma n’est pas l’événement lui-même. C’est l’intensité émotionnelle vécue, et le fait d’avoir dû y faire face seul·e.
C’est une mémoire inscrite dans le corps lorsque quelque chose a été trop. Trop vite, trop fort, trop tôt.
Parfois, cette mémoire ne commence même pas avec nous. Elle se transmet en silence, de génération en génération.
Guérir le trauma ne consiste pas à l’effacer. C’est le réaliser, l’éclairer, le reconnaître, et le comprendre. Puis lui offrir ensuite ce qui a manqué.
Lorsque cette mémoire est regardée avec douceur, elle n’a plus besoin de rester en alerte. Quelque chose se dépose.
Et le corps peut enfin respirer.


LE COEUR DERRIÈRE LA PORTE
Vivre en suranalyse, c’est écouter les pensées comme un vent trop fort, qui secoue chaque mot, chaque regard, chaque silence.
Ça vient souvent d’hier : des maisons où l’on apprenait à lire les tempêtes dans les yeux des grands, à deviner pour se sentir en sûreté.
Alors on voit tout, oui, les nuances, les frissons du monde… mais le cœur, lui, attend derrière la porte.
La sérénité revient quand on accepte
qu’une émotion n’a pas toujours besoin d’explication, et qu’on peut laisser la tête se reposer le temps d’un souffle.
Et puis un jour, presque sans y penser,
on découvre que le vent peut aussi porter, et que derrière la porte, le cœur sait très bien avancer vers des horizons plus clairs, plus ensoleillés.

